Presse Agence : « Les “sorciers du cœur” sont le miroir d’un besoin universel »
Thibaut Antoine-Pollet analyse dans une tribune la nécessaire coexistence entre les médecines ancestrales et la science moderne pour redonner du sens.
Si l’hôpital semble aujourd’hui être l’unique temple de la médecine, Thibaut Antoine-Pollet, expert en premiers secours et protection cardiaque, rappelle que cette institution est une invention relativement récente à l’échelle de l’histoire humaine. Dans une tribune libre, il invite à reconsidérer notre regard sur les médecines traditionnelles, ces « sorciers du cœur » qui continuent d’exercer là où la science moderne montre parfois ses limites.
L’expert souligne d’abord la jeunesse du concept hospitalier. Né au 6ème siècle sous le Code de l’empereur Justinien, l’hôpital n’apparaît en France, via une trace d’établissement public, qu’au 8ème siècle à Marseille. «Pendant plus d’un millénaire, l’hôpital incarne la seule médecine légitime, inspirée par la charité et la compassion, jusqu’à s’imposer définitivement au 19ème siècle »,
explique Thibaut Antoine-Pollet. Pourtant, une autre forme de soin, qualifiée de « médecine sans murs », a traversé les âges.
Une tradition médicale marginalisée mais vivace
Malgré la domination de la médecine occidentale, des pratiques ancestrales subsistent dans de nombreuses sociétés traditionnelles. Des Andes aux steppes d’Asie, en passant par le Sahel, des guérisseurs itinérants perpétuent un savoir transmis de génération en génération.« Ces praticiens ont longtemps été marginalisés par la médecine hospitalière occidentale, suspectés de charlatanisme ou assimilés à la sorcellerie »,
note l’expert.
Cependant, ces médecines résistent. Elles bénéficient souvent d’une confiance totale des populations locales qui jugent parfois l’hôpital trop impersonnel. L’auteur de la tribune met en lumière un fait marquant : la spécialisation de ces guérisseurs dans les pathologies cardiovasculaires, les maladies « parmi les plus redoutées ».
L’expertise sacrée des « sorciers du cœur »
Thibaut Antoine-Pollet dresse un panorama fascinant de ces confréries de guérisseurs. Il cite les Kallawayas de Bolivie, dont le savoir est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Ces médecins itinérants de l’époque inca utilisent une pharmacopée complexe mêlant plantes, animaux et minéraux.
En Afrique, les Wanzams du Sahel soignent les affections cardiaques grâce à des décoctions secrètes à base de feuilles d’acacia et de lait de chamelle. En Sibérie, les chamans agissent comme médiateurs spirituels.
Pour toutes ces cultures, l’approche est holistique :« Le cœur n’est pas seulement un organe : il est le centre de l’énergie vitale, des émotions et du lien entre l’homme et le monde » ,
précise Thibaut Antoine-Pollet
Restaurer la confiance face aux limites de la science
Pour l’expert, cet attrait pour la médecine traditionnelle n’est pas qu’un vestige du passé ou une curiosité exotique. Il fait écho à une défiance contemporaine envers la médecine moderne, exacerbée lors de crises sanitaires comme la pandémie de Covid-19, qui a vu le retour de remèdes populaires.
Loin d’opposer ces deux mondes, Thibaut Antoine-Pollet plaide pour une compréhension de leur coexistence. D’un côté, une médecine rationnelle fondée sur la preuve ; de l’autre, une approche empirique et symbolique.« Soigner n’est pas seulement réparer un corps. C’est aussi répondre à une peur, restaurer une confiance, donner du sens à la maladie », analyse-t-il.
En conclusion, l’expert suggère que ces « sorciers du cœur » ne doivent pas être vus comme des adversaires de la science, mais comme le reflet d’un manque que la technique seule ne peut combler.« Peut-être sont-ils le miroir d’un besoin universel », termine Thibaut Antoine-Pollet
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